Perte de cheveux après l’accouchement
Beaucoup de femmes voient leur brosse se remplir deux à quatre mois après la naissance. Ce décalage du cycle est connu. Il n'explique pas toutes les chutes, et il ne dit pas combien de temps « c'est normal » dans votre cas.
Consultations à Fribourg (Suisse), au Sarine Center de Villars-sur-Glâne.

Un décalage du cycle, pas toujours une maladie
Pendant la grossesse, la proportion de follicules en phase de croissance augmente et la chute physiologique ralentit : au deuxième et troisième trimestre, seuls 10 % environ des cheveux sont en phase de repos, contre 20 % habituellement. Après l'accouchement, ce contingent bascule de façon synchrone en phase de repos puis tombe : la proportion de cheveux en repos remonte à environ 30 % vers la neuvième semaine du post-partum. C'est ce relargage retardé, décrit dans la littérature dermatologique, qui explique une brosse qui se remplit sans signifier, à lui seul, une maladie.
Toutes les femmes ne le vivent pas avec la même intensité, ni à chaque grossesse. L'allaitement pourrait même l'atténuer un peu : dans une étude portant sur l'évolution du cycle pilaire après l'accouchement, la proportion de cheveux en phase de croissance restait plus élevée à quatre mois chez les femmes qui allaitaient. Une chute impressionnante peut malgré tout être un trouble du cycle, et rester une bonne raison de consulter si elle inquiète, dure, ou s'accompagne d'autres signes.
Quand et combien de temps
Le décalage du cycle se manifeste typiquement deux à quatre mois après l'accouchement. La chute dure ensuite le plus souvent six à vingt-quatre semaines, et dépasse rarement quinze mois. Une chute qui se prolonge très au-delà de cette fenêtre, ou qui ne montre aucun signe de ralentissement après six à neuf mois, sort du cadre attendu d'un simple décalage du cycle et mérite d'être réexaminée.
S'inquiéter a du sens si la chute s'accompagne d'une plaque, d'une douleur, d'une fatigue marquée, d'un cuir chevelu inflammatoire, ou si elle persiste alors que le calendrier attendu est largement dépassé. « Que faire » commence par cette lecture, pas par un complément.
On vient aussi simplement pour être rassurée, ou pour distinguer cette chute d'une alopécie androgénétique déjà présente, parfois seulement révélée ou aggravée par la grossesse : la chute diffuse du post-partum touche l'ensemble du cuir chevelu de façon homogène, alors qu'une alopécie sous-jacente se traduit plutôt par un éclaircissement localisé de la raie ou du sommet du crâne, qui persiste une fois le décalage du cycle résorbé.
D'autres causes, plus rares, à ne pas oublier
Une chute après l'accouchement peut aussi être due à d'autres causes, par exemple :
- une carence en fer ou en vitamine D ;
- un trouble thyroïdien du post-partum : il touche environ 5 à 8 % des femmes dans les douze mois suivant l'accouchement, avec une forme classique associant une phase d'hyperthyroïdie vers deux à six mois puis une phase d'hypothyroïdie vers trois à douze mois, cette dernière étant plus volontiers associée à une chute marquée ; environ un quart des femmes ne présentent que la phase d'hyperthyroïdie, la moitié seulement la phase d'hypothyroïdie ; un dosage des anticorps antithyroperoxydase en début de grossesse identifie les femmes les plus à risque ;
- certains médicaments (lithium, valproate, fluoxétine, warfarine, bêtabloquants, rétinoïdes, isoniazide) ou l'arrêt d'une pilule œstroprogestative ;
- une alopécie androgénétique déjà présente, révélée ou aggravée par la grossesse.
Ces causes peuvent aussi se combiner. C'est pourquoi il est utile de faire examiner son cuir chevelu plutôt que d'attribuer d'emblée toute chute du post-partum au seul décalage du cycle.
Allaitement
L'allaitement fait partie de l'entretien avant toute proposition. Certains médicaments et certains compléments passent dans le lait, ou n'ont pas de place ici : le minoxidil oral, par exemple, est contre-indiqué pendant l'allaitement. Signalez-le d'emblée.
Une carence, un trouble thyroïdien du post-partum ou une autre cause peuvent coexister. On ne les attribue pas automatiquement à l'allaitement.
Quand une consultation médicale a du sens
Consulter a du sens si la chute persiste bien au-delà du calendrier attendu (au-delà de neuf mois sans amélioration), si une zone se dégarnit plutôt qu'une chute diffuse, si le cuir chevelu démange, pèle ou fait mal, ou si d'autres signes (fatigue marquée, troubles du transit, de l'humeur ou du rythme cardiaque évoquant un trouble thyroïdien) accompagnent la chute. On vient aussi lorsqu'on veut simplement comprendre, avant d'accumuler les produits.
Une perte soudaine, une plaque, une douleur, une suppuration ou une atteinte des sourcils justifient un avis sans attendre.
La première visite
On date la naissance, le pic de chute, l'allaitement, les saignements, l'alimentation, l'humeur et les traitements en cours. L'examen distingue une chute de cycle, diffuse et homogène, d'une alopécie déjà présente, plutôt localisée à la raie ou au sommet du crâne. Un test de traction (pull test) et une trichoscopie peuvent objectiver la proportion de cheveux en phase de repos et préciser le tableau.
Un bilan biologique n'est pas systématique. Il se discute si l'histoire oriente vers une cause particulière : on pense alors à la TSH, à la ferritine et à la vitamine D notamment, voire aux anticorps antithyroperoxydase en cas de doute sur un trouble thyroïdien du post-partum.
Aucun objectif de « stopper » ou de « faire repousser » n'est promis ici. L'enjeu est de comprendre le mécanisme et de décider, avec vous, s'il faut attendre, chercher plus loin, ou discuter d'une option, avec ses limites.
La consultation à Fribourg
La première visite dure environ une heure. Elle commence par votre histoire : quand le trouble a commencé, comment il évolue, votre santé, vos traitements, vos habitudes capillaires. L'examen du cuir chevelu suit. Une trichoscopie peut préciser ce que l'œil seul ne tranche pas. Un bilan sanguin n'est pas automatique. On le discute si l'histoire oriente.
Dr Cindy Ottiger-Mankaka est Médecin spécialiste FMH en médecine interne générale, avec une expertise en trichologie. Elle intègre cette discipline à sa pratique quotidienne à travers une approche médicale globale. Les troubles capillaires étant fréquemment le reflet de déséquilibres internes (hormonaux, métaboliques, inflammatoires ou nutritionnels), son expertise de médecin interniste permet de réaliser des bilans systémiques complets et d'assurer une prise en charge médicale ciblée. Elle travaille avec une équipe de thérapeutes et d'experts en soins capillaires.
Les consultations ont lieu au Sarine Center, Route du Petit-Moncor 1c, 1752 Villars-sur-Glâne, en attendant les locaux définitifs. Selon les informations du cabinet, elles sont facturées au tarif TARDOC et prises en charge par l'assurance obligatoire des soins (LAMal), sous réserve de la franchise, de la quote-part et des conditions du modèle d'assurance concerné. Un bon de délégation est souvent utile. Certains examens ou soins restent à la charge de la patiente et font l'objet d'une information préalable.
Sources
Articles indexés dans PubMed. Cette page informe ; elle ne remplace pas une consultation médicale.
- Diagnosis and Treatment of Nonscarring Hair Loss in Primary Care in 2021. Mirmirani P, Fu J. JAMA. 2021;325(9):878-879. doi:10.1001/jama.2020.19313.PubMed ↗
- Alterations in Hair Follicle Dynamics in Women. Piérard-Franchimont C, Piérard GE. BioMed Research International. 2013.PubMed ↗
- Assessment and Treatment of Thyroid Disorders in Pregnancy and the Postpartum Period. Lee SY, Pearce EN. Nature Reviews Endocrinology. 2022;18(3):158-171.PubMed ↗
- Hair Loss in Women. Olsen EA. New England Journal of Medicine. 2025.PubMed ↗